jeudi 27 juin 2013

L’harmonie dans la maison : une affaire de femmes ?



« Mais vous vivez seule, sans mari ni enfants ? » Voici ce que j’entends fréquemment de la part de mes clientes après que j’ai prôné devant elles l’ordre, le rangement et le tri.

La population à qui j’ai affaire est composée majoritairement de femmes.
80 % dans mes consultations et à 95 % dans mes conférences.

Lorsque ce sont les femmes qui font appel à moi pour venir expertiser leur maison, il arrive quelque fois que je croise leurs maris. Assez fréquemment, c’est eux qui souhaitent me rencontrer et font en sorte de me croiser en fin de journée de travail. Ils cautionnent la démarche de leurs épouses, souvent disent-ils pour leur faire plaisir, parce qu’ils ont le sentiment que c’est important pour elles. Car quant à eux, peu importe la décoration de la maison : « ils sont bien partout ».

Certains hommes sont très nettement hostiles à la démarche. Et lorsque je les croise, le blizzard semble s’être installé dans la maison. Et puisque je parle de grand froid, un souvenir me revient en mémoire : en plein hiver, vers 21 heures (avec cerise sur le gâteau de l’inconfort, des bottes à talons), avec une cliente (affublée d’une minerve suite à un torticolis) j’ai déplacé depuis sa maison à son garage au fond du jardin, une table de salle-à-manger. Monsieur étant tranquillement assis dans le fauteuil à côté de nous.

« Je passe mon temps à passer derrière eux, à ramasser les manteaux tombés de la patère, ranger les chaussures abandonnées … aux pieds du placard. Non seulement, ils ne font rien ou pas grand’ chose mais ils remettent la pagaille systématiquement après que j’ai passé une partie de mon week-end à ranger. Le linge sale traine par terre, les verres sales s’accumulent dans l’évier. Le lave-vaisselle ou les gants M--A ? ‘connais pas ! Les livres entourent le lit auquel on ne peut même plus accéder. Je trie régulièrement et tout aussi vite, il m’en ramène ».

« Il m’en ramène » : ce qui se joue dans la maison est le révélateur des relations que nous entretenons les uns avec les autres. A ce titre, on observera le « m’ ». La femme prend pour elle, ou plutôt contre elle, ces agissements. « Il me provoque : je viens de passer mon samedi après-midi à trier ce placard pour pouvoir y ranger, enfin, tout ce qui jonchait le sol de notre chambre et je le retrouve en train de le remplir de nouveau de tous ces vieux trucs qu’il passe son temps à récupérer et à ramener chez nous. Là où certaines personnes ne voient pas le mal (« moi je suis bien partout, avec ou sans désordre », d’aucun (d’aucune) le perçoive comme un manque de reconnaissance, de respect.

J’ai entendu lors d’une conférence une dame, bouleversée, nous raconter que dans l’unique salle de bain de l’appartement, le seul espace rangé était à elle, dans un placard, sur son étagère. Un jour, ô surprise en ouvrant la porte du placard : une boîte de préservatifs. Appartenant à l’un de ses fils. (il ne s’agissait pas d’un paquet de mouchoirs … !).
Ledit fils encore probablement sous le choc de la réaction qu’il qualifia d’ « hystérique » de sa mère. Encore sous le choc, pas si sûr … Car si j’en crois la dame en question, les consignes et autres remarques qu’elles donnaient restaient en mémoire le temps d’un bâillement …


Lorsque les relations harmonieuses et équilibrées de la famille sont en jeu, quand certaines personnes considèrent que leur espace vital est menacé, il me semble indispensable d’en parler et de (re)fixer les règles : elles valent individuellement, du plus jeune au plus vieux, des filles aux garçons, du père, à la mère en passant par les enfants.

N’importe quand ? Lorsque le « fils aux préservatifs » monte l’escalier en direction de sa chambre au pas de course ? Un dimanche après-midi lors d’un grand prix de Formule 1 ? Après que « fille aînée » vous ait confié que sa meilleure amie avait pris soin de révéler SON secret devant toute cette bande de … à la récré.
Certainement pas : essayez plutôt la façon solennelle pour marquer l'importance : ce peut être un samedi soir, au moment de l’apéritif, au salon : convoquer une Assemblée Générale Extraordinaire (on notera qu'on laissera l'option Ordinaire au placard) avec un ordre du jour nourri par chacun.
Les mots d’ordre : écoute silencieuse et attentive – chacun parle à son tour - bienveillance – tolérance – bonne volonté.

Au préalable, on aura pris soin de e préparer en convoquant tout l’amour et le self-control disponibles au fond, tout au fond de soi et à la moindre envie d’exploser, on pratique la respiration abdominale : j’aspire le positif et j’expire le négatif …

Bientôt une autre page, peut-être et je l'espère vivement, de récits où les messieurs seront mes interlocuteurs privilégiés ! 

Après 8 ans de pratique, mon constat est le suivant : l’intérieur est une affaire que les hommes délèguent aux femmes (ou que les femmes ravissent aux hommes ?).
Et les hommes sont à l’extérieur ? A la chasse pour rapporter le gibier ? Un homme qui s’intéresserait à la décoration de sa maison pourrait-il avoir peur d’être jugé trop féminin ?

Le Feng Shui est un art/science taoïste : à la recherche de l’équilibre.
Que les hommes soient les bienvenus au moment de la réflexion qui précède les choix de l’agencement de leur intérieur. Pour peu qu’on les encourage à le faire, ils ne sont pas avares de commentaires. encore faut-il qu'ils s'autorisent à exprimer leur part Yin, intuitive, sensible, de s’exprimer en déclarant leurs préférences en matière de couleurs, d’atmosphères.
A chacune d’exprimer sa part Yang en usant de fermeté lorsqu'elle doit faire respecter son travail. Mais Mesdames, pour l'amour du ciel ! dès qu'ils entreprennent de mettre du linge à l'air, évitez de leur reprocher de mal poser les épingles ou pire encore, de repasser derrière eux en maugréant ... A bon entendeur ...

De tout cœur avec vous !

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